Ton corps souple et frileux s’assoupit près du poêle ;
le jour mirobolant s’est tu, un vent soyeux
de Fantomas et de pendus brussine dans les cieux.
Dors ma brebis, la nuit te mouche dans son voile.

Satan souffle à tes yeux de la poudre d’étoile,
l’air crépite et soudain, le goût du merveilleux
prend son visage humain lorsque ta main rêve et dévoile
et ta peau très spéciale et tes reins malicieux.

L’hiver porte son deuil, l’œil de la lune est louche,
les brouillards sont de mèche et dès qu’un chat noir éternue,
un long troupeau de morts s’enflamme sur le toit.

Ne crains pas, mon enfant, pour ton âme ingénue,
vois-tu, je suis la paix du ciel et sur ta couche,
mon petit bout de croix veille aussi nu que toi.

Alain Broutin

 Mais… ? il y a dans ce sonnet 3 vers de 14 pieds ?
Vrai ! Et c’est exprès
.

La nuit de Walpurgis
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En illustration : "Les brumes n° 31"
Huile sur carton 21 × 29 cm. 2002
Jean-Michel Birais
La nuit de Walpurgis