Alain Broutin
Texte déposé à la SACEM


Quand les noirs souffrent, maman,
est-ce qu'ils souffrent noir?
Quand les blancs souffrent, maman,
est-ce qu'ils souffrent blanc?

Mon enfant, dit la maman,
écoute les appels du vent;
il gémit matin et soir
et ses cris sont déchirants,
mais il n'est ni blanc ni noir,
est-ce que tu comprends?

Quand les noirs mourront, maman,
est-ce qu'ils mourront noir?
Quand les blancs mourront, maman,
est-ce qu'ils mourront blanc?

Mon enfant, dit la maman,
écoute ce long beuglement;
c'est le zèbre au désespoir
sous la dent du léopard.
Le zèbre, il est blanc et noir,
est-ce que tu comprends?

Si je tue les blancs, maman,
je les tuerai noir.
S'ils m'attrapent avant, maman,
me tueront-ils blanc?

Mon enfant,dit la maman,
la couleur du sang est fauve,
il n'est jamais blanc ou noir,
mais lève-toi vite de ton banc,
il y a le lait qui se sauve
à cause du feu trop violent.

Enlève la casserole avant
qu'il ne soit vraiment trop tard
et verse le lait bien blanc
dans le bon café bien noir;
fais tremper ton pain d'épices,
et à ta santé mon fils...

Café au lait, pain d'épices,
et à ta santé mon fils...
Café au lait, pain d'épices,
et à ta santé mon fils...


Café au lait, pain d'épices
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Café au lait