Alain Broutin
Texte déposé à la SACEM

Les lapins que tu m’as posés,
j’ai souffert pour m’en dépouiller
avant de les faire disparaître.

Tes vacheries pasteurisées,
je les ai longtemps ruminées
avant de les envoyer paître.

Vas coucher / Foutu passé,
les p’tits nids d ‘amour / avec des œufs cassés,
j’en ai vu assez.
Vas coucher / t’as plus rien à dénicher.

Mes larmes qui roulaient la nuit
quand j’étais le sel de ta vie
ont éteint leurs feux de détresse.

Les angoisses que j’ai tissées
quand j’étais ta fée du logis
peuvent se défiler, je les laisse.

Vas coucher / Foutu passé
Les jolis cœurs percés / sur un arbre écorché,
j’en ai vu assez.
Vas coucher / T’as plus d’flêches à décocher.

L’amour est toujours croustillant
même s’il a perdu des grosses miettes
dans le moulin de ta galette.

L’espoir est toujours triomphant
même s’il s’est fait plumer longtemps
par ton miroir aux alouettes.

Vas coucher / Foutu passé,
les p’tits nids d ‘amour / avec des œufs cassés,
j’en ai vu assez.
Vas coucher / t’as plus rien à dénicher.

Vas coucher / Foutu passé,
Les jolis cœurs percés / sur un arbre écorché,
j’en ai vu assez.
Vas coucher / T’as plus d’flêches à décocher...

Foutu passé
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