Alain Broutin
Texte déposé à la SACEM


Gros vilain petit monsieur, au milieu, au milieu,
d’un méchant cercle vicieux,
gros vilain petit monsieur,
tu pourrais toujours faire mieux.

A ton sourire amidonné,
à ton faux cul, à ton faux nez,
on reconnaît le vrai grotesque.

Toujours classé mauvais dernier,
tu voudrais le monde à tes pieds,
ta petitesse est gigantesque.

Tu es si radin qu’le matin
on peut t’voir sortir sans ton chien
pour ne pas trop user la laisse.

Comme on t’verra dimanche prochain
dormir à l’église dans un coin
pour ne pas trop user la messe.

Gros vilain petit monsieur, au milieu, au milieu,
d’un méchant cercle vicieux,
gros vilain petit monsieur,
grand coupeur de poire en deux.

Ton esprit sort de son tiroir
huileux comme un suppositoire
qui se prendrait pour un bolide.

Tu es profond comme une armoire
mais comme tu n’as pas une idée,
c’est une profondeur toujours vide.

Tu n’es qu’un tout p’tit bout d’fromage,
râpé, rouillé, sentant les pieds,
qui se prend pour du lait entier.

Tu nages au fond d’une boîte de miettes
en te croyant domicilié
très très au dessus du panier.

Gros vilain petit monsieur, au milieu, au milieu,
d’un méchant cercle vicieux,
tu pourrais toujours faire mieux…

...mais tu ne fais jamais rien, gros vilain.

 

Gros vilain petit monsieur
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