Alain Broutin
Texte déposé à la SACEM

Y’a les types collants
dont le nom m’échappe ;
celui des lâcheurs,
j’le connais par cœur.

Ceux qui tournent en rond
me saoulent en passant,
sur les empêcheurs,
je vomis longtemps.

Chez les tasses de thé,
je suis mal noté,
mais j’ai vingt sur vingt
chez les verres de vin.

Chez les beaux parleurs,
je tombe en extase ;
je prends d’la hauteur
chez ceux qui s’écrasent.

Et les pétanqueurs,
et les pétanqueurs
sous les grands tilleuls
sont plus marrants qu’ceux
qui s’la pètent tout seuls.


Les grandes folles en cage,
c’est pas mon école,
mais pas d’avantage
les grands sages en vol.

Si le genre Don Juan
me fait rire une heure,
j’ai toujours horreur
du style Commandeur.

Les toujours poilants
me dérident autant
que mon épagneul
qui ouvre sa gueule.

Chez les pétanqueurs,
chez les pétanqueurs,
l’ambiance est sereine ;
y’a comme une odeur
chez ceux qui s’retiennent.

Des millions d’ lapins
qui n’ont peur de rien,
ça m’impressionne moins
qu’un vieux lion qui craint.

Les loups solitaires,
j’les fréquente pas trop,
même si j’les préfère
à une foule d’agneaux.

Ceux qui m’serrent la main,
c’est des p’tits copains,
ceux qui m’serrent le cœur,
c’est tous ceux qu’j’aime bien.

Et les pétanqueurs,
et les pétanqueur
qui sont restés cools
prêtent leur bonne humeur
à ceux qu’ont les boules
.

Sous les grands tilleuls,
sous les grands tilleuls,
perdu ou gagné,
on se fout d’la geule
de ceux qu’ont pas joué
.


Les boules
Retour