Alain Broutin
Texte déposé à la SACEM


Fanfan qui s’en allait en guerre
faisait pleurer dans les chaumières ;
depuis c’temps là ma mère confond
les tulipes avec les oignons.

A vue d’nez, est-ce qu’on peut confondre
un gros requin en queue d’morue
et le plancton qui garde la rue ?
Mon père a toujours confondu.

Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?
Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?

A minuit mon grand-père confond
les sorties d’bal de Cendrillon
avec celles des anciens champions
qui ne peuvent plus la mettre au fond.

Mon cadet qui se fait les muscles
confond Castor avec Pollux ;
pourtant Pollux mordait si fort,
qu’il a aplatit la queue d’Castor.

Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?
Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?

Quand il n’en peut plus, mon p’tit n’veu
confond Simplet avec Grincheux ;
pour se déguiser en Blanche Neige,
il se roule en boule sur son siège.

Moi, j’confonds une soupe à l’oignon,
à l’aube, au lit, chez ma maîtresse,
avec le souper d’une princesse
qui me f’rait manger des millions.

Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?
Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?

Dans ma famille tout l’monde confond
la mode et la guerre des boutons.
Tout l’monde se mélange les crayons
entre Blanche Neige et Cendrillon.

Un peu partout, tout l’monde confond,
on confond culture et labour,
on confond pigeon et vautour,
on confond boulot et boulon.

Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?
Au voleur, au voleur, où sont passées les vieilles valeurs ?



Les vieilles valeurs
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