Accueil
Galerie
Actualité
Parcours
Des Liens
Contact
Plan du site
Les Amis
Jean-Marc Tavernier

   J’ai découvert la peinture de Jean-Marc Tavernier lors d’une exposition et j’ai immédiatement été frappé par la force étrange qui s’en dégage.
Je me souviendrai toujours de ce tableau où un homme debout
(le peintre ?) épie un personnage penché sur un puits.

Première impression forte, troublante.

Et peu à peu le tableau se dévoilait, des mondes superposés en transparence, des poissons inquiétants, mâchoires grandes ouvertes nageaient dans l’air, des papillons aux couleurs éclatantes se posaient sur l’herbe qui envahissait le corps des protagonistes. Cette nature exubérante dans l’apogée de sa beauté semblait prête à dévorer le monde.

Qui de la nature ou des personnages étaient nés les premiers ?
Qui de la nature ou des personnages auraient le pas sur l’autre ?

Ce puits semblait appeler doucement mais inexorablement l’attention distraite par les innombrables détails qui parsemaient le chemin jusqu’à lui.

Jean-Marc au pays des merveilles.

Tout vous happe, impossible d’échapper à cette fascination qu’exerce le centre du tableau.

« Je raconte des histoires »
Certes mais des histoires qui nous impliquent et nous inquiètent, où les personnages sont de dos, où des vaches vous fixent.

« Je suis très intéressé par la transparence et la technique qu’elle oblige à travailler »
Certes mais quid de la terre qui se devine sous la mer, des insectes qui volettent sur des poissons qui nagent en pleine terre, de ces voiles successifs qui troublent tout ?

« Il y a de l’humour dans ma peinture »
A n’en pas douter mais noir, agrémenté d’un zeste de violence et d’un regard acéré, impitoyable.

« Mes vaches sont placides, en pleine nature »
Certes mais alors pourquoi a-t-on l’impression de violer leur intimité, d’en éprouver de la gêne ?

« La nature m’inspire »
Certes mais cette nature omniprésente, envahissante, se vengerait-elle de ce regard presque indécent, de cette étude poussée où la peinture hollandaise est l’une des sources ?
Observer l’œuvre de Jean-Marc Tavernier c’est laisser aller son imagination, c’est investir ses tableaux avec sa vie, ses angoisses, ses joies, ses frustrations, c’est découvrir en soi des peurs, c’est s’étonner d’un ton, d’un détail toujours très précis, entre hyperréalisme et naïveté.

L’homme produit peu. Ce n’est guère surprenant : la précision du trait, la délicatesse des touches, le travail sur la transparence, le choix des sujets supposent une concentration extrême, une tension forte laisse présager du temps qu’il passe sur ses tableaux lorsqu’il écrit son monde.

Jean-Marc Tavernier peint penché sur des planches de bois qui vont servir de support à son monde. A ses mondes pour être plus exact.
Des mondes qui se superposent en voiles transparents.

Etrange contraste entre une nature omniprésente, traitée dans ses moindres détails, concrète, charnelle, palpable et le traitement de l’histoire, par voiles successifs, en transparence.
Etrange contraste entre le calme apparent des tableaux et la force du grossissement comme à travers une loupe d’une partie choisie de ce même tableau.
Etrange contraste entre la nature mûre, dans sa plénitude juste avant le pourrissement et l’idée même de l’éphémère.
Etrange contraste entre le sourire du peintre, juste accordé, par timidité et son regard aigu.
Etrange contraste entre son physique, solide, masculin, puissant et ce sens du détail, ce sens de la belle ouvrage digne des jeunes filles du passé.
Etranges contrastes mais fascinants contrastes qui vous emportent dans les mondes de ses œuvres.

Patrick Castells  


 


Jean-MarcTavernier
Alain Broutin
Les grandes histoires
Vachement vaches
Meubles peints
Petits formats
Actualité
On en parle